Héritage et émancipation
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Avant d’être une question de transmissions mobilières, immobilières, patromoniales – sujets traités en médiation familale – l’héritage premier, serai-je tenté de dire est l’hérédité. « Les chiens ne font pas des chats. » « Le fruit ne tombe pas loin de l’arbre. » Des dictons populaires qui marquent à leurs manières la filiation, le lien avec nos aînés en premier lieu desquels nos parents.
L’hérédité s’impose à nous, « les rejettons », par des transmissions physiques, sociales, culturelles, etc. Les travaux de Pierre Bourdieu, sociologue français, sur les capitaux économiques, culturels, sociaux et symboliques transmis mettent en lumière ces legs. La notion d’hérédité va souvent de paire avec celle du destin avec un implicite de fatalité. Il n’y aurait rien à faire. Notre destinée, notre voie serait toute traçée. Une sorte de condamnation. Pour les déterminismes tout serait dicté par cette hérédité. Alors certe notre patrimoine génétique n’est pas (encore) changeable cependant déjà il s’exprime de diverses manières et cela est étudié en épigénétique. Surtout dans notre culture occidentale la quête d’une émancipation est constamment plus prenante.
J’aimerai que nous ne confondions pas ici individualisme et individuatuion. Le premier est un mouvement égoïste menant chacun à devenir un renégat quand l’autre est un mouvement de réalisation de soi. Le psychologue Carl Jung définit l’individuation comme une évolution pour intégrer les parts de sa psyché et unifier sa personnalité. Il s’agit donc bien d’un chemin personnel d’émancipation et de rencontre avec soi.
La psychologie s’est longtemps écharpée sur la question de l’inné et de l’acquis. Ils sont interdépendants. Tout comme pour la génétqiue évoquée plus haut il s’agit toujours d’une personnalité dans un contexte. Le milieu dans lequel nous agissons – relations, organisation, conditions physiques, etc. – influe sur nous tout comme nous influencons en retour ce milieu par qui nous sommes. Rien n’est donc figé et tout peut évoluer. Rappelons ici que la plasticité cérébrale n’a pas de fin.
Je vous invite à faire ce chemin personnel avec l’accompagnement de thérapeutes. Je n’ai guère d’attraits pour le dévelloppement personnel car il suggère qu’il y a, qu’il y aurait un stade (ultime) à atteindre. Par ce mythe il nous maintient dans une quête perpétuelle pour sa plus grande réussite économique et au prix de notre culpabilisation. Le chemin de la thérapie est plus sinueux, avec des gardes fous mais sans diktats,. Il est sans promesse d’un grand happening final. Il s’agit d’apprendre à vivre au présent. Vivre connecté à soi, à ses émotions, à ses besoins et envies. Âme et corps réunis pour bien vivre chaque pas. Ce permier pas vers soi, vers notre intériorité, permet d’entrer en (bonne) relation.
Je termine, avec grand plaisir, par citer Simone de Beauvoir (philosophe) et son existencialisme situé. « On ne naît pas femme, on le devient. » L’être humain n’évolue pas dans le vide mais en situation et celle-ci l’influence inévitablement. Pour autant chacun a sa part de liberté. L’exercer tout en octroyant la même liberté à autrui s’apprend. C’est ce chemin que je vous invite à prendre avec moi en médiation ou en sociothérapie.
Et selon la philosophie des Lumières c’est alors libres que vous serez responsables, mais là est un autre sujet.
